L'acouphène est la perception d'un son en l'absence de stimulation auditive. La prévalence des acouphènes varie entre 15% et 20% dans la population générale et entraîne une diminution significative de la qualité de vie pour 2% à 3% des patients. Dans les acouphènes sévères, la détresse, la dépression, le dysfonctionnement cognitif (voir neuropsychologue à Liège) et l'insomnie sont des facteurs débilitants majeurs qui peuvent interférer avec les activités quotidiennes. Le mécanisme physiopathologique des acouphènes subjectifs classiques et d'apparition tardive est encore inconnu. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l'étiologie des acouphènes. Un aspect de ces théories est qu'il existe une décharge électrique dans chaque fibre nerveuse, même au repos, qui provoque une activité spontanée, et une augmentation de cette activité spontanée conduit à des acouphènes. L'autre hypothèse expliquait un lien entre une lésion auditive périphérique induisant des modifications sens dessus dessous du système neurologique central dues à une neuroplasticité active.
Bien que les changements dans le tissu auditif entraînent les caractéristiques perceptives des acouphènes, les altérations dans les régions non auditives sont soulignées comme étant responsables de la transaction sensuelle et attentionnelle de la perception des acouphènes. Plusieurs techniques sont utilisées pour mesurer les acouphènes. La fréquence, la gravité et le masquage des acouphènes sont les méthodes les plus courantes. La fiabilité de la fréquence des acouphènes change d'un patient à l'autre. La fréquence peut présenter des différences d'un jour à l'autre ou le même jour ; bien que la fréquence des acouphènes soit dite stable, il est assez difficile d'effectuer correctement l'adaptation des fréquences. Les chercheurs décrivent les fréquences des acouphènes pour tous les patients allant de 250 Hz à 10 000 Hz.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive à basse fréquence (TMS) du cortex auditif a été proposée comme nouvel outil thérapeutique pour les acouphènes. La technique TMS est non invasive et applique les principes de l'électromagnétisme pour transporter un courant électrique dans le cerveau. La stimulation magnétique transcrânienne peut supprimer les acouphènes en modulant l'excitabilité du cortex cérébral à la fois dans les régions directement stimulées et fonctionnellement connectées. De nombreuses études cliniques ont montré que la SMT basse fréquence répétée (1 200 à 2 000 impulsions/jour pendant 5 à 10 jours) au niveau du lobe temporopariétal peut réduire les acouphènes, cependant qu'en est-il vraiement ? La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) est une technique non invasive modulant l’activité neuronale en délivrant des pulsations magnétiques intenses brèves et répétés à travers le crâne. La rTMS à basse fréquence devrait avoir un effet inhibiteur sur le cortex cérébral et sur les autres zones connectées du cerveau.
Stimulation magnétique transcrânienne pour les acouphènes : comment ça marche ?
La stimulation magnétique transcrânienne répétée est une technique de neuromodulation de l’activité des cortex superficiels . Il s’agit d’une technique déjà employée de longue date dans d’autres domaines comme la neurologie (douleur chronique, mouvements anormaux…) ou la psychiatrie (dépression sévère, hallucinations…).
Dans les suites d’une publication princeps datant de 2003, plusieurs dizaines d’études cliniques ont depuis tenté d’évaluer l’efficacité de la stimulation magnétique transcrânienne répétée (SMTr) dans le traitement des acouphènes subjectifs. Elles confirment son intérêt potentiel avec plusieurs études montrant une efficacité des stimulations actives par rapport aux stimulations placebo. Cependant le niveau de preuve reste relativement faible selon différentes méta-analyses récentes, avec plusieurs études ne réussissant pas à confirmer l’avantage de la stimulation active. Le principe général de la SMTr est le suivant. Un champ magnétique intense (environ 2 Tesla) est délivré par une bobine spécifique en forme de 8, ciblant, sur un volume d’environ à 1 à 2 cm3 , les cortex situés immédiatement sous le scalp et la voûte crânienne. Ce champ magnétique va par effet Maxwell (équivalence des champs électriques et magnétiques) modifier le fonctionnement neuronal à un niveau local avec un effet possiblement rémanent au-delà de la stimulation (plusieurs jours à plusieurs mois).
Les paramètres de stimulation (intensité de stimulation, fréquence de stimulation, nombre de stimulations par séance, nombre de séances, stimulations multiples sur différents cortex auditifs et non auditifs) permettent d’obtenir un effet variable (inhibition/excitation) sur l’activité du ou des cortex superficiel(s) cible(s). On notera néanmoins que si l’effet initial est strictement local celuici peut se propager à d’autres structures cérébrales plus distantes ou profondes en fonction du câblage neuronal préexistant. En l’occurrence, pour la technique la plus usitée (même si d’autres paramètres ont pu être étudiés), le mécanisme de la SMTr permettrait, en délivrant à basse fréquence (1 Hz, soit une stimulation par seconde), de façon répétée (une ou deux séances de 20 minutes par jour soit 1200 à 2400 pulses), pendant une période prolongée (5 à 10 séances) et sur une zone préalablement 111 Acouphènes subjectifs : stimulations magnétiques, stimulations électriques XIII définie anatomiquement (cortex auditif, aires 41-42 de Broadmann) ou par imagerie fonctionnelle (zone hyperactive), d’agir par effet inhibiteur (activation du métabolisme GABA) induisant ainsi un effet de plasticité synaptique neurale et/ou de réorganisation des circuiteries cérébrales corticothalamiques ou cortico-corticales. Les stimulations à plus haute fréquence (10 ou 20 Hz) de type activateur pourraient acontrario entraîner une action brève et bénéfique de sidération de l’activité neuronale tout comme les stimulations en burst à 5, 10 ou 20 Hz.
Cependant de nombreux points restent encore à élucider concernant les différents effets biologiques escomptés et paramètres de stimulation à employer (intensité, fréquence, nombre de séances), la détermination et le ciblage de la zone à stimuler (cortex auditif primaire, cortex auditif secondaire voire cortex extraauditifs), l’utilisation ou non de la neuro-navigation pour le centrage de la cible, les critères de sélection des patients qui pourraient en bénéficier (ancienneté de l’acouphène, intensité de la perte auditive associée). Une limite importante de l’emploi de la SMTr est son caractère bruyant (>100 dB) ce qui nécessite des protections adéquates et qui la contre-indique chez le sujet également hyperacousique. Enfin, le caractère chronophage de la technique et la faible disponibilité des appareils de stimulation en milieu ORL ( nez-gorge-oreilles) rendent encore aujourd’hui cette méthode thérapeutique peut applicable en pratique courante en dehors du contexte de la recherche clinique.
2) LES STIMULATIONS ÉLECTRIQUES 2.1 Les stimulations électriques transcrâniennes. Non invasives, elles ont également été testées, en particulier la tDCS (transcranial Direct Current Stimulation, avec effet excitateur pour l’anodal tDCS et inhibiteur pour la cathodal tDCS), avec pour cibles préférentielles le cortex pré-frontal dorsolatéral ou les cortex temporaux. L’effet favorable de ce type de stimulation est confirmé par plusieurs études et méta-analyse , même si le résultat reste inconstant avec une importante variabilité inter-individuelle. L’intérêt principal de ce type de stimulation réside dans son caractère pratique, peu onéreux et facile d’emploi (deux électrodes simplement collées sur le scalp) avec un stimulateur qui peut être activé par le patient. Mais aussi dans son caractère strictement silencieux et donc sans effet délétère sur le système auditif périphérique.
L'acouphène est la perception d'un son en l'absence de stimulation auditive. La prévalence des acouphènes varie entre 15% et 20% dans la population générale et entraîne une diminution significative de la qualité de vie pour 2% à 3% des patients. Dans les acouphènes sévères, la détresse, la dépression, le dysfonctionnement cognitif (voir neuropsychologue à Liège) et l'insomnie sont des facteurs débilitants majeurs qui peuvent interférer avec les activités quotidiennes. Le mécanisme physiopathologique des acouphènes subjectifs classiques et d'apparition tardive est encore inconnu. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l'étiologie des acouphènes. Un aspect de ces théories est qu'il existe une décharge électrique dans chaque fibre nerveuse, même au repos, qui provoque une activité spontanée, et une augmentation de cette activité spontanée conduit à des acouphènes. L'autre hypothèse expliquait un lien entre une lésion auditive périphérique induisant des modifications sens dessus dessous du système neurologique central dues à une neuroplasticité active.
Bien que les changements dans le tissu auditif entraînent les caractéristiques perceptives des acouphènes, les altérations dans les régions non auditives sont soulignées comme étant responsables de la transaction sensuelle et attentionnelle de la perception des acouphènes. Plusieurs techniques sont utilisées pour mesurer les acouphènes. La fréquence, la gravité et le masquage des acouphènes sont les méthodes les plus courantes. La fiabilité de la fréquence des acouphènes change d'un patient à l'autre. La fréquence peut présenter des différences d'un jour à l'autre ou le même jour ; bien que la fréquence des acouphènes soit dite stable, il est assez difficile d'effectuer correctement l'adaptation des fréquences. Les chercheurs décrivent les fréquences des acouphènes pour tous les patients allantde 250 Hz à 10 000 Hz.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive à basse fréquence (TMS) du cortex auditif a été proposée comme nouvel outil thérapeutique pour les acouphènes. La technique TMS est non invasive et applique les principes de l'électromagnétisme pour transporter un courant électrique dans le cerveau. La stimulation magnétique transcrânienne peut supprimer les acouphènes en modulant l'excitabilité du cortex cérébral à la fois dans les régions directement stimulées et fonctionnellement connectées. De nombreuses études cliniques ont montré que la SMT basse fréquence répétée (1 200 à 2 000 impulsions/jour pendant 5 à 10 jours) au niveau du lobe temporopariétal peut réduire les acouphènes, cependant qu'en est-il vraiement ? La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) est une technique non invasive modulant l’activité neuronale en délivrant des pulsations magnétiques intenses brèves et répétés à travers le crâne. La rTMS à basse fréquence devrait avoir un effet inhibiteur sur le cortex cérébral et sur les autres zones connectées du cerveau.
Stimulation magnétique transcrânienne pour les acouphènes : comment ça marche ?
La stimulation magnétique transcrânienne répétée est une technique de neuromodulation de l’activité des cortex superficiels . Il s’agit d’une technique déjà employée de longue date dans d’autres domaines comme la neurologie (douleur chronique, mouvements anormaux…) ou la psychiatrie (dépression sévère, hallucinations…).
Dans les suites d’une publication princeps datant de 2003, plusieurs dizaines d’études cliniques ont depuis tenté d’évaluer l’efficacité de la stimulation magnétique transcrânienne répétée (SMTr) dans le traitement des acouphènes subjectifs. Elles confirment son intérêt potentiel avec plusieurs études montrant une efficacité des stimulations actives par rapport aux stimulations placebo. Cependant le niveau de preuve reste relativement faible selon différentes méta-analyses récentes, avec plusieurs études ne réussissant pas à confirmer l’avantage de la stimulation active. Le principe général de la SMTr est le suivant. Un champ magnétique intense (environ 2 Tesla) est délivré par une bobine spécifique en forme de 8, ciblant, sur un volume d’environ à 1 à 2 cm3 , les cortex situés immédiatement sous le scalp et la voûte crânienne. Ce champ magnétique va par effet Maxwell (équivalence des champs électriques et magnétiques) modifier le fonctionnement neuronal à un niveau local avec un effet possiblement rémanent au-delà de la stimulation (plusieurs jours à plusieurs mois).
Les paramètres de stimulation (intensité de stimulation, fréquence de stimulation, nombre de stimulations par séance, nombre de séances, stimulations multiples sur différents cortex auditifs et non auditifs) permettent d’obtenir un effet variable (inhibition/excitation) sur l’activité du ou des cortex superficiel(s) cible(s). On notera néanmoins que si l’effet initial est strictement local celuici peut se propager à d’autres structures cérébrales plus distantes ou profondes en fonction du câblage neuronal préexistant. En l’occurrence, pour la technique la plus usitée (même si d’autres paramètres ont pu être étudiés), le mécanisme de la SMTr permettrait, en délivrant à basse fréquence (1 Hz, soit une stimulation par seconde), de façon répétée (une ou deux séances de 20 minutes par jour soit 1200 à 2400 pulses), pendant une période prolongée (5 à 10 séances) et sur une zone préalablement 111 Acouphènes subjectifs : stimulations magnétiques, stimulations électriques XIII définie anatomiquement (cortex auditif, aires 41-42 de Broadmann) ou par imagerie fonctionnelle (zone hyperactive), d’agir par effet inhibiteur (activation du métabolisme GABA) induisant ainsi un effet de plasticité synaptique neurale et/ou de réorganisation des circuiteries cérébrales corticothalamiques ou cortico-corticales. Les stimulations à plus haute fréquence (10 ou 20 Hz) de type activateur pourraient acontrario entraîner une action brève et bénéfique de sidération de l’activité neuronale tout comme les stimulations en burst à 5, 10 ou 20 Hz.
Certaines équipes ont proposé une stimulation épidurale à demeure (électrode multipolaire extradurale positionnée en regard des cortex auditifs primaires et secondaires). Ce type de traitement neurochirurgical reste du domaine de la chirurgie expérimentale réservée à des patients extrêmement invalidés en échec de toute autre thérapeutique. En dépit de quelques expériences positives isolées, ces stimulations semblent trop agressives et risquées pour être raisonnablement proposées aux patients acouphèniques.
Les stimulations bimodales. L’importance des interactions entre le système auditif et le système somato-sensoriel (réflexe d’orientation déclenché par le son) et la constatation clinique que nombre de patients acouphéniques sont capables de moduler la perception de leur acouphène par des mouvements (du cou, des mâchoires le plus souvent) ont amené cliniciens et chercheurs à tenter d’agir de façon synchrone sur au moins deux systèmes sensoriels pour améliorer l’efficacité des stimulations. Il s’agit généralement d’un couplage entre une stimulation sonore et une stimulation électrique qui peut intéresser soit les racines cervicales C1/C2 (stimulation occipitale), le nerf trijumeau (stimulation linguale), voire le nerf vague (stimulation cervicale ou auriculaire). Ces techniques (paramètres de stimulation sonore et électrique, durée et nombre de séances) et les appareillages capables de les délivrer sont en cours de développement. Bien que prometteurs, les résultats cliniques préliminaires de ce type de stimulation bimodale sont encore trop peu nombreux pour pouvoir les proposer en pratique courante.
3) NEUROFEEDBACK Le neurofeedback s’intègre dans le cadre plus vaste des techniques de biofeedback. Il s'agit d'une technique instrumentale de modulation de l’activité cérébrale qui utilise notre capacité à moduler nos rythmes cérébraux volontairement si l’on dispose d’un retour visuel et/ou auditif reflet de l’activité corticale enregistrée par EEG. En effet, certains rythmes cérébraux seraient altérés chez les sujets acouphéniques avec diminution du rythme de repos alpha (10 Hz) et augmentation des rythmes lents de type delta (4hz). Le neurofeedback pourrait permettre de restaurer des valeurs normales de ces rythmes cérébraux et donc de diminuer le caractère agressif de l’acouphène. Plusieurs études ont permis de confirmer la validité de cette approche même si de nombreuses incertitudes pèsent sur la technique de recueil de l’activité EEG et sur les méthodologies d’analyse en temps réel du signal de façon à optimiser l’efficacité du neurofeedback.
(Source : LiegeAcouphene.be)