L'Extériorisation de la sensibilité : l'envoûtement
CHAPITRE III
L'ENVOUTEMENT
I
Les expériences que je viens de rapporter ont certainement rappelé à l'esprit du lecteur les vieilles histoires de figurines de cire qu'on transperçait avec des épingles, dans la croyance que les blessures ainsi faites sur l'image se répercuteraient sur la personne qu'elle représentait. Cette pratique quelque absurde qu'elle paraisse remonte aux premiers âges de l'humanité et se retrouve dans tous les temps comme dans tous les pays; il est donc extrêmement probable qu'elle tire son origine d'un fait bien réel et relativement assez fréquent (1). Il est plus certain encore que l'imagination des hommes, naturellement portée vers le merveilleux, a promptement transformé ce phénomène primordial de mille façon différentes. Ce sont ces variantes que je vais d'abord rechercher.
(1) « Il sera démontré, a dit Xavier de Maistre, que les traditions antiques sont toutes vraies, que le paganisme entier n'est qu'un système de vérités corrompues et déplacées, qu'il s'agit de les nettoyer pour ainsi dire et de les remettre en place pour les voir briller de tous leurs rayons. »
Ajoutons que, suivant la remarque de Bacon (De secr. op. artis et natura, cap I), les premiers possesseurs de ces secrets surchargèrent d'accessoires futiles et mensongers l'expression des faits réels afin de cacher les découvertes des sages à une multitude indigne de les connaître.
- Albert de Rochas, L'Extériorisation de la sensibilité, étude expérimentale et historique (1895) , p.85-86.
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